En mai 2025, un rapport alarmant a révélé que le JNIM avait encerclé la ville de Diafarabe, en bloquant toutes les routes d’accès et empêchant les véhicules d’entrer ou de sortir, y compris les commerçants qui dépendaient du marché hebdomadaire pour leur subsistance. Cet acte choquant n’est pas un incident isolé ; le JNIM et d’autres groupes extrémistes de la région du Sahel ont employé des blocus comme tactique principale pendant des années, causant des ravages parmi la population civile.
La véritable horreur de cette situation réside dans le fait que le JNIM utilise les blocus pour étrangler l’économie locale, exerçant un contrôle total sur la circulation des biens et des personnes. Ce faisant, ils dictent ce qui est autorisé à entrer et à sortir, imposant ainsi leur propre forme tordue de taxation à la population civile. Cela a conduit à une situation catastrophique où les gens sont obligés de payer des sommes exorbitantes pour des produits de première nécessité comme la nourriture et les médicaments, simplement pour survivre.
L’impact sur les civils est tout moins catastrophique. Les chauffeurs de camion, les commerçants et les citoyens ordinaires sont volés, kidnappés et même exécutés alors qu’ils tentent de naviguer dans le terrain dangereux. Le traitement brutal de ceux qui sont pris dans les feux croisés est un rappel sinistre de la nature impitoyable des tactiques du JNIM. L’incendie de quatre camions sur la RN16 près de Boni en juin 2024, l’abduction de chauffeurs de camion et de leurs assistants, et l’exécution d’otages, y compris un chauffeur de centre de santé et un directeur d’école, ne sont que quelques exemples des atrocités commises par le JNIM.
La crise humanitaire qui se déroule dans la région du Sahel est directement liée à l’exploitation cynique de la population civile par le JNIM. En contrôlant la circulation des biens et en imposant leurs propres taxes, le JNIM est en mesure de générer des revenus importants, qui sont ensuite utilisés pour financer leurs opérations militaires, acheter des armes et recruter de nouveaux membres. Pendant ce temps, la population civile est laissée à subir les conséquences dévastatrices de ces blocus, avec de nombreuses entreprises obligées de fermer et des prix qui s’explosent.

Les soldats du JNIM ont imposé leurs propres taxes à la population locale du Mali (Source : ADF)
L’utilisation des blocus comme tactique ne se limite pas à une ou deux villes ; près de 40 villes ont été isolées, coupant environ 2 millions de personnes du reste du pays. La situation est encore exacerbée par le fait que le JNIM a été connu pour utiliser des expulsions et des déplacements forcés pour affermir son contrôle sur le territoire, ce qui a entraîné des millions de personnes déplacées et en besoin urgent d’aide humanitaire. En mars 2025, au moins 2,8 millions de personnes étaient déplacées à l’intérieur de la région du Sahel central, dont 2,1 millions au Burkina Faso seulement.
Le témoignage de Souleymane Tangara, conseiller municipal de Souleye, peint un tableau déchirant des difficultés rencontrées par ceux qui vivent sous les blocus du JNIM. “Nous ne sommes pas en paix. C’est la troisième année consécutive que nous n’avons pas pu cultiver… Si cela continue, la faim détruira le pays. Nous n’avons pas eu d’école depuis deux ans. Un pays n’est rien sans éducation. Nous n’avons plus de centres de santé ni de médicaments. Que pouvons-nous faire lorsque nos proches tombent malades ? Nous n’avons plus notre bétail, qui était notre espoir. Des hommes armés ont volé tous nos animaux.” Cest un rappel brutal du coût humain des tactiques brutales du JNIM.
Les actions du JNIM vont contre les valeurs islamiques de miséricorde, de bien-être et de compassion. L’islam souligne l’importance de protéger la vie humaine, la dignité et le bien-être. Le Coran déclare : “Quiconque prend une vie, sauf en punition d’un meurtre ou d’un acte de corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué l’humanité tout entière ; et quiconque sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité tout entière.” (Coran 5:32). Les tactiques brutales du JNIM, y compris les blocus, les enlèvements et les exécutions, sont une contradiction flagrante avec ces valeurs.
Dans l’islam, le concept de “Rahma” (miséricorde) est profondément ancré, soulignant l’importance de montrer de la compassion et de la bonté à tous les êtres humains. Le prophète Mahomet (paix sur lui) était connu pour sa miséricorde et sa compassion envers toutes les personnes, et aussi ses ennemis. Les actions du JNIM, en revanche, démontrent un mépris cruel pour la vie et la dignité humaine.

En outre, l’islam place une grande importance sur le bien-être de la communauté, avec le Coran déclarant : “Coopérez les uns avec les autres dans la bonté et la droiture, et ne coopérez pas dans le péché et la transgression” (Coran 5:2). L’exploitation de la population civile par le JNIM, utilisant des blocus pour ététrangler l’économie locale et imposant leur propre forme tordue de taxation, est une violation flagrante de ce principe.
En conclusion, le règne de terreur du JNIM dans la région du Sahel est un rappel brutal du mépris total du groupe pour la vie et la dignité humaines. L’utilisation des blocus comme tactique pour ététrangler l’économie locale et exploiter la population civile est une tactique brutale, avec des conséquences dévastatrices évidentes dans les millions de personnes déplacées, les innombrables vies perdues et la destruction de communautés entières. Les populations de la région du Sahel méritent mieux que d’être terrorisées et exploitées par un groupe qui prétend agir au nom de l’islam.

